New Kyd Water Foot Thumbnail

New Kyd
Water Foot
Performance
Zurich, 2023
© New Kyd, Kwaku Opoku, Jennifer Gehrig
Réalisé sur commande du Museum Rietberg

2023 New Kyd 01

New Kyd
Water Foot
Performance
Zurich, 2023
© New Kyd, Kwaku Opoku, Jennifer Gehrig
Réalisé sur commande du Museum Rietberg

2023 New Kyd 08

New Kyd
Water Foot
Performance
Zurich, 2023
© New Kyd, Kwaku Opoku, Jennifer Gehrig
Réalisé sur commande du Museum Rietberg

2023 New Kyd 09

New Kyd
Water Foot
Performance
Zurich, 2023
© New Kyd, Kwaku Opoku, Jennifer Gehrig
Réalisé sur commande du Museum Rietberg

2023 New Kyd 02

New Kyd
Water Foot
Performance
Zurich, 2023
© New Kyd, Kwaku Opoku, Jennifer Gehrig
Réalisé sur commande du Museum Rietberg

Water Foot

New Kyd
01.12.2023

Water Foot est un film de performance d'archives créé en réponse à l’exposition sur Hans Himmelheber au Museum Rietberg. Lorsqu’ils ont été invités à y répondre, la première réaction de New Kyd a été le refus. Ils se sont sentis offensés par la demande, mais ont néanmoins choisi de rester curieux et de rester fidèles à leur principe : « the only way out is through ». Ils ont été attirés par les segments sur Mami Wata, s’étant souvent intéressés aux divinités et identités mythologiques, que l’on peut mettre en parallèle avec les divinités et pratiques religieuses yoruba. En tant qu’enfant de la diaspora, New Kyd se sent connecté aux autres à travers : les cheveux, la musique et les histoires.

New Kyd explore la notion de conscience de soi, d’abord en tant qu’artiste noir·e non binaire, puis en tant que Nigérian·e du groupe Yoruba. Kyd s’inspire de l’« Igbo Landing » où, en mai 1803, les esclaves ont refusé de se soumettre et ont marché dans l’eau pour atteindre les terres européennes.

Ils réalisent une performance rituelle post-moderne élaborée, personnelle, intime et, espérons-le, inspirante. Ils ont créé une tresse qui relie l’avant de l’espace du musée à l’espace d’exposition, le traitant comme une scène. Cela fournit une histoire et un rituel de passage pour les diasporiques, qui se sentent souvent perdus et submergés par la responsabilité de comprendre l’histoire dans laquelle nous sommes impliqués. Water Foot questionne finalement combien de frontières et de ponts doivent être brisés et réparés avant de pouvoir atteindre un lieu de confiance et de soin mutuel.

Water Foot recentre l’attention sur le point de vue des personnes « ordinaires » de la diaspora qui entrent dans l’espace. Ce changement de perspective remet en question le public ciblé par la collection et les archives de Himmelheber et les manières de gérer le conflit interne qui surgit lorsqu’on leur demande de répondre à l’exposition.

La performance met l’accent sur la diaspora en tant que descendants culturels d’artistes et de communautés présentes dans les archives de Himmelheber. Le regard diasporique est utilisé pour réinterpréter l’espace, les objets et le contexte historique de la collection.

Consciente du regard colonial et du contexte à travers lequel une grande partie du travail de Himmelheber est traduite, New Kyd utilise la caméra (regard appliqué) pour poser la question : « Est-il possible d’avoir de l’autonomie quand il y a une caméra ? » L’usage de la caméra devient un instrument de questionnement. Water Foot utilise les cheveux et des objets matériels qui les ont maintenu·e·s « ancré·e·s » et connecté·e·s à ce qui ressemble à un foyer pour créer la performance. Ils se demandent : « Comment créer un rituel qui honore mon corps, mon esprit, mon âme et mon héritage ? Comment maintenir l’intégrité et l’amour de soi tout en traversant des discours inconfortables ? » « La seule issue est de passer à travers »… une tresse à la fois, un chemin à la fois. Traverser l’eau et construire des ponts entre nous tout en respectant et honorant les frontières des différentes cultures. Est-ce possible ?

Remerciements particuliers à Aàdesokan Adedayo et Musa Ganiyy, ma grand-mère, ma mère et mes sœurs.